Si le VTE (Volontariat Territorial en Entreprise) valorise les territoires, ce programme n’exclut pas pour autant des missions portées sur l’international. La preuve avec Eli Gifford, le dirigeant de Tea Together qui a choisi d’opter pour un jeune talent afin de poursuivre l’essor de sa marque à l’export.
À première vue, le contexte pourrait jouer contre Eugénie de Lauzon et la mission dont elle est chargée dans le cadre de son VTE chez Tea Together. Pas évident, en effet, de développer l’export de cette marque de confitures artisanales, destinées notamment aux hôtels de luxe, en pleine pandémie mondiale. Mais, aux côtés d’Eli Gifford, le gérant de l’entreprise, elle participe à la croissance de l’activité, tout en découvrant le métier qu’elle souhaite faire à l’avenir.


Prendre un VTE pour faire de l’export en septembre 2020, c’est un sacré pari, non ?

Eli Gifford : En réalité, le timing était parfait ! Notre présence à l’export ne s’est pas effondrée, nous avons tout de même réalisé les trois quarts de notre chiffre d’affaires à l’étranger l’année dernière. Nous avons donc, au contraire, besoin de conforter nos relations clients et de développer de nouveaux partenariats. Et puis la mission d’Eugénie ne s’arrête pas là. Elle est également en charge des réseaux sociaux. Je suis trop vieux pour m’occuper de ça !

Eugénie de Lauzon : A mon arrivée, j’ai mis à profit cette période plus calme pour prendre mes marques dans l’entreprise et apprendre à bien connaître nos clients.

Eli, vous vous occupez également du développement commercial de Tea Together. Comment s’organise votre tandem avec Eugénie ?

E.G : C’est une partie de mon travail que j’apprécie beaucoup. J’ai donc pris le temps de bien encadrer Eugénie dès son arrivée.
Faire du développement commercial implique de savoir mener une stratégie de prospection parfois agressive, surtout sur ce marché compliqué. Il faut être opportuniste, tout en gardant à l’esprit que la relation se construit également sur le long terme. C’est un process qu’Eugénie a su parfaitement appréhender. Au fur et à mesure, elle s’est mise à développer son propre réseau, dans l’hôtellerie et a également mené des rendez-vous clients seule, lors du salon auquel nous avons participé, à Dubaï.

E.L : C’était une expérience incroyable ! J’ai d’abord été chargée d’organiser notre venue en amont de l’événement, puis une fois à Dubaï, j’ai accompagné Eli et passé 10 jours sur place. Au-delà d’être une fantastique opportunité professionnelle, ma participation à ce salon m’a permis de voir un aspect diversifié de l’export. Aucun de mes camarades n’a eu la chance de faire un tel voyage !

Qu’est-ce qu’Eugénie apporte à l’entreprise ?

E.G : Eugénie avait déjà de l’expérience, donc elle a été très rapidement opérationnelle. Nous sommes une entreprise, pas un organisme de formation, nous avons donc de réels besoins, surtout à l’échelle d’une PME. Grâce à sa curiosité, elle a su faire preuve d’initiative dans les relations clients et nouer des contacts. Un combo gagnant-gagnant pour Tea Together, comme pour elle.

La clé pour un VTE réussi ?

E.L : Sans aucun doute la motivation ! Je dirais également qu’il est essentiel d’apprécier ce que l’on fait. Grâce à cette expérience, je sais désormais que je veux vraiment orienter ma carrière vers la relation commerciale.

E.G : Tout à fait d’accord avec Eugénie, notamment sur l’implication personnelle, nous avons beaucoup de travail, et nous avons apprécié qu’elle soit rapidement autonome et qu’elle pose les bonnes questions. Eugénie a une réelle valeur ajoutée et cette expérience confirme ce que j’ai vécu à titre personnel en faisant mes études en Angleterre : les jeunes apprennent en travaillant tôt !