Serac, une société sarthoise qui fabrique des machines d'emballage et conditionnement, a profité du Volontariat Territorial en Entreprise (VTE) pour offrir un poste en alternance à Clément Sabin, un élève ingénieur. A terme, il se verrait bien intégrer l'ETI.

« Clément était le candidat idéal », déclare Emmanuelle Anin-Le Bihan, DRH de Serac, une ETI spécialisée dans la fabrication de machines de conditionnement pour produits laitiers, boissons, huiles… Elle parle d'un jeune élève ingénieur, Clément Sabin, qui a rejoint la société à la rentrée 2019, en alternance grâce au Volontariat Territorial en Entreprise (VTE), un dispositif calqué sur le Volontariat International en Entreprise (VIE) lancé en mai dernier. Clément Sabin fait donc partie de la centaine de jeunes en formation dans des PME et ETI implantées dans les territoires grâce au VTE. 

Avec le VTE, les entreprises profitent d'une visibilité accrue

« Notre but, une fois la formation terminée, est d'embaucher nos apprentis, précise la DRH. Nous en accueillons chaque année une dizaine - Bac pro, BTS et élèves ingénieurs. Nous n'avons pour l'instant qu'un VTE mais nous réfléchissons déjà à recruter d'autres talents via ce dispositif à la rentrée prochaine ». Et si le VTE n'apporte pas d'avantages fiscaux, « il permet, et c'est essentiel, de nous faire connaître auprès des écoles d'ingénieurs », relève-t-elle. 

PME et ETI peuvent effectivement déposer une offre sur le site www.vte-france.fr et qui met en contact entreprises, étudiants et écoles. Car Serac est basée à La Ferté-Bernard, dans la Sarthe, « et ce n'est pas facile d'y attirer des élèves ingénieurs », soupire la DRH. 

« L'entreprise me plaisait déjà », déclare pour sa part Clément Sabin. Il y avait effectué un stage, dans le cadre de son DUT de génie mécanique et productique. Lorsque Serac s'est mise à la recherche d'un alternant ingénieur, le choix, pour les deux parties, s'est imposé. « J'intégrais une école d'ingénieur près de Nancy et je cherchais un contrat d'apprentissage », explique-t-il. Pendant trois ans, il partagera son temps entre les cours et l'entreprise sarthoise et planchedéjà sur l'efficacité des machines, le redesign to cost. 

Des évolutions de carrières pour les jeunes plus faciles dans les ETI

Il est trop tôt pour savoir si l'ETI pourra lui proposer un poste à l'avenir, mais il est confiant - et enchanté de l'ambiance familiale qu’il retrouve dans l’entreprise. En outre, « dans mon cursusje dois effectuer un stage de 10 semaines à l'étranger. Et Serac dispose de trois usines, aux Etats-Unis, en Malaisie et au Brésil... », dit-il.  

 « Les évolutions de carrière sont plus faciles dans les ETI », souligne la DRH. Et s'il n'y a pas de poste chez Serac à la fin de son contrat d'alternance, « c'est de toute façon un 'plus' sur mon CV, poursuit le jeune homme. Je suis vraiment sur le terrain et d'autres ETI et PME accélérées par Bpifrance connaissent elles aussi le VTE ». 

Seul problème pour Clément : les allers et retours entre la région de Nancy et la Sarthe. Et la location de deux appartements - avec l'aide de ses parents. « Nous sommes une petite structure et nous ne pouvons pas aller au-delà de son salaire. Pour que le dispositif soit aussi attrayant que le VIE, l’État devrait donner un coup de pouce à ces jeunes », relève d'ailleurs Emmanuelle Anin-Le Bihan. 

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