EntretienNicolas Samir est le co-fondateur de Pongo, une jeune entreprise, spécialisée dans le marketing digital et les programmes de fidélité à destination des commerçants. Séduit par le Volontariat Territorial en Entreprise (VTE) il souhaite casser les idées reçues sur ce dispositif.

Simple et efficace. Pour Nicolas Samir, le co-fondateur de Pongo, le VTE ne manque pas d’atouts. « Il ne faut pas s’arrêter sur l’idée que cela sera complexe ou coûteux », affirme d’emblée le jeune dirigeant d’une PME de 10 personnes dont 2 VTE. A la recherche de recherche de nouveaux talents pour croitre, le patron de Pongo a misé sur le VTE. Un choix qu’il ne regrette pas, bien au contraire. Il nous explique pourquoi.

Pongo compte déjà 2 VTE. Comment avez-vous eu l’idée de recourir à ce dispositif ?

Nicolas Samir. Pongo est notre première entreprise. Avec mon associé nous avions de nombreuses idées reçues sur le VTE : nous le pensions coûteux et compliqué à mettre en place. L’idée de recourir au VTE n’est donc pas venue de nous, mais d’une collaboratrice. Son frère Aurélien recherchait un VTE dans le secteur commercial. Nous avons été conquis par ses compétences et sa personnalité et avons donc contacté son école pour en savoir plus sur ce dispositif. Celle-ci a su nous expliquer le fonctionnement du VTE avec pédagogie et nous démontrer son intérêt financier. C’était à l’automne 2019. Quelques mois après, nous recrutions un second VTE, Antonin, en tant que développeur.

Les avantages du VTE se sont-ils confirmés dans la pratique ?

NS. Absolument. Le VTE offre l’opportunité de recruter des jeunes qui ne sont pas pour autant des juniors. Aurélien avait déjà 3 ans d’expérience, un atout dans le commercial. Il s’est rapidement imposé comme un pilier de notre entreprise. Nous avons confié à nos VTE de plus en plus de responsabilités et de missions ; le programme peut constituer une première marche vers un CDI. Financièrement, le dispositif est également très intéressant pour l’entreprise.

Comment se manage et s’encadre un VTE ?

NS. L’école constitue un support précieux. Elle n’est pas proactive dans le management, mais est à nos côtés pour réaliser les démarches et peut intervenir auprès du jeune en VTE si besoin. Côté management, le degré d’expérience des VTE s’accompagne d’attentes fortes en matière d’évolution. Attentes que nous devons parfois freiner, les demandes d’avancement ne pouvant être toutes satisfaites.

L’autre point important est la gestion du calendrier, l’alternance entre entreprise et école. Aurélien est avec nous pendant 3 semaines et participe à d’importants projets, puis il part une semaine en école. Son absence peut s’avérer compliquée. L’école accepte qu’il prenne les appels téléphoniques professionnels pendant les cours, mais ne tolère pas d’absence. Les cours d’Antonin, eux, se font à distance, mais nous avons rapidement compris qu’il ne les suivait pas assidûment, consacrant trop de temps à l’entreprise, avant de rattraper son retard sur son temps de travail. Dans notre intérêt à tous, nous lui avons attribué une journée par semaine pour ses études.

Vos conseils pour un VTE réussi ?

NS. Il faut passer outre ses appréhensions et ne pas hésiter à s’appuyer sur le relais que constitue l’école. Elle facilite le recrutement d’un VTE, organise sa mise en place et peut gérer d’éventuels questionnements ou problèmes qui pourraient surgir.

Enfin, comme je l’ai déjà dit, il est impératif de bien gérer la répartition du travail entre l’école et l’entreprise. Cela permettra d’éviter toute frustration, tant du côté de l’étudiant que de l’entreprise. Cela passe par des règles mutuelles de bonne conduite. L’entreprise s’engage à ne pas solliciter l’étudiant lorsqu’il est en cours, sauf urgence. De son côté, ce dernier doit créer des silos entre l’école et la société, et être assidu dans les deux. Ainsi, le rythme est sain pour tous.