Le VTE expliqué

LA GENÈSE DU VTE

Annoncé par le Premier Ministre le 22 novembre 2018 à l’occasion du Conseil national de l’industrie, le Volontariat territorial en entreprise (VTE), inspiré des VIE (Volontariat international en entreprise) vise à inciter les étudiants à s’orienter vers les PME dans les territoires.

Le VTE s’inscrit dans l’initiative Territoires d’industrie et a vocation à faire valoir auprès des étudiants les entreprises dans ces territoires, notamment les PME et ETI industrielles. Moteurs de créations d’emplois, elles jouent un rôle structurant pour les territoires, mais éprouvent des difficultés à attirer et fidéliser les talents. En effet, d’après une étude publiée en novembre 2017 par Le Lab Bpifrance, 90% ont difficultés pour recruter des talents, et pour 57 % ces difficultés sont si importantes qu’elles entravent leur croissance. Le phénomène est d’autant plus marqué qu’on s’éloigne des grandes métropoles. C’est face à ce constat que le Premier Ministre a annoncé l’expérimentation du VTE, en réponse à une proposition formulée par le Directeur général de Bpifrance.

L'ESPRIT DU VTE

Une expérience gagnant-gagnant,
pour les chefs d’entreprise et les étudiants ou jeunes diplômés

De la French Fab…
La mise en place du VTE s’inscrit dans une dynamique de renouveau de l’industrie française, impulsée dès octobre 2017 par Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, à travers le mouvement « French Fab », étendard de l’industrie française. Symbolisé par un coq bleu, il s’agit d’une marque ouverte qui a vocation à fédérer les industriels de toutes tailles et les écosystèmes du développement économique industriel. Elle porte des ambitions fortes : accélérer la transformation de l’industrie en France, mettre en réseau les énergies des acteurs industriels, leur donner de la visibilité et de la fierté, en France comme à l’étranger, et incarner l’industrie française du présent et du futur.
Dans cette dynamique, le gouvernement a décidé de faire de 2019 “L’année de l’industrie, l’année de la French Fab” car l’industrie française est vivace, présente sur tout le territoire, innovante et exportatrice. Elle a retrouvé ses niveaux de marge de 2007 et ouvre plus d’usines qu’elle n’en ferme. Elle crée par ailleurs de nouveau des emplois (près de 10.000 en 2018).

… au VTE
Le VTE a vocation à participer pleinement du renouveau de l’industrie française en incitant les jeunes, étudiants ou diplômés, à découvrir ces territoires inconnus de l’industrie. Ces entreprises industrielles, PME ou ETI, sont partout en France. Il s’agit de donner aux jeunes le goût de les rejoindre à travers le VTE, véritable VIE à l’échelle du pays et au service des PME.
Et cela intervient à une période où les jeunes expriment un regain de confiance et d’opinion positive de l’industrie en France. Depuis 2013, le baromètre Arts et Métiers / Opinion Way mesure l’attrait des lycéens pour ce secteur. En 2019, l’envie d’industrie atteint auprès de cette population son meilleur niveau avec 80% de jeunes qui se disent confiants dans l’avenir du secteur (+11 points depuis 2013).

Une expérience gagnant-gagnant
Pour l’étudiant ou le jeune diplômé, le VTE est une opportunité de vivre une expérience 360°, permettant d’acquérir une connaissance fine de l’entreprise et de ses métiers. La taille des entreprises est un facteur facilitateur, à la fois pour mesurer son impact au sein de l’entreprise et être en contact direct avec le dirigeant ou les relais clés en interne. Le VTE propose aux étudiants une expérience en prise avec des actions opérationnelles au cœur des territoires. Il s’agit ainsi d’endosser des responsabilités importantes très jeunes, un gage d’engagement dans la vie des entreprises, impactant pour la suite de la carrière professionnelle. L’ensemble des métiers est représenté dans l’industrie qui offre donc des perspectives à des profils venus d’horizon divers.

Pour le chef d’entreprise, le VTE est une opportunité d’attirer des jeunes talents, condition sine qua non du développement de leur entreprise. L’arrivée de sang neuf, porteur de regards nouveaux et de compétences du 21ème siècle, doit aussi accompagner des changements et une modernisation de l’industrie française, participant ainsi de son attractivité.

Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance

Bonjour,

Je prends une minute de votre temps pour vous exposer un programme qui m’est cher. Je dirige la Banque Publique d’investissement depuis 6 ans, et je pense avoir rencontré des milliers d’hommes et de femmes dirigeants de PME et d’ETI. Je connais leur talent, leur énergie, leur audace. J’ai constaté qu’ils avaient de grandes difficultés à se faire connaître des jeunes comme vous, et à les inciter à faire une partie de leur carrière chez eux. Nous connaissons bien les obstacles : le nom de la PME est souvent inconnu et le jeune diplômé peut craindre qu’il n’apporte rien sur un CV ; la vie en Province peut être vue comme moins agréable que dans une métropole ou à l’étranger ; les salaires peuvent être moins attractifs, etc. etc. Il s’agit en très grande partie de clichés non fondés, qui malheureusement ont la vie dure. Tous les anciens élèves de grandes écoles partis en PME sont prêts à témoigner qu’en terme de qualité de vie ou d’intérêt de leur travail, ils n’ont rien à envier à leurs camarades de promo partis dans une grande entreprise.

Je vous écris donc aujourd’hui pour vous faire une proposition. D’abord, je voudrais vous dire qu’une expérience, même courte, dans une PME des territoires, est formatrice pour la vie. Je suis en contact avec les DRH des grands groupes français et tous disent être très intéressés à recruter des jeunes qui se seront confrontés au réel dans une entreprise de taille moyenne. Ensuite, l’expérience m’a montré que l’opérationnel dans une PME ou une ETI est extrêmement intense. Il y a toujours tout à faire et vite, sans le luxe d’encadrement que l’on connaît dans les grands groupes. On y acquiert des responsabilités importantes beaucoup plus vite que dans les organisations qui habituellement vous recrutent en sortie d’école. Tout est immédiat, la croissance est palpable, j’ai envie de dire que “ça vibre”, c’est vivant. Et c’est formateur. Enfin, vous allez tous faire des carrières qui vous amèneront à alterner entre des grandes villes et l’international. Vous aurez peu de temps pour connaître votre propre pays, et l’actualité récente a montré le risque démocratique à laisser se creuser un fossé de méconnaissance entre les élites, vous, et les territoires où vivent nos compatriotes. Tout est fait dans nos cursus pour mondialiser nos talents, mais avec une conséquence : ils connaissent bien le monde mais ne connaissent pas la France.

Nous avons inventé par conséquent un équivalent du VIE, mais qui se déroulerait en France. Cela s’appelle le VTE, et le Premier Ministre l’a lancé récemment.

L’idée est simple : si vous ne savez pas encore vers quel parcours professionnel vous orienter en sortie d’école, si ça n’est pas clair dans votre esprit, allez passer au moins un an aux côtés d’un patron ou d’une patronne de PME. Nous nous chargeons de tout. Bpifrance connaît très bien ses clients, nous savons dire quels sont les plus dynamiques, nous avons même créé des écoles pour eux. Nous pouvons vous les présenter. Si vous décidez de faire un VTE chez eux, nous vous suivrons, nous vous aiderons. Vous pourrez mettre dans votre CV que vous avez fait un “VTE Bpifrance”. Les DRH de grands groupes s’engagent en sortie de VTE à ce que vous soyez physiquement reçus. Vous aurez un salaire d’embauche correspondant au marché des PME, plus faible peut-être que celui que vous auriez dans le consulting, mais le coût de la vie dans les territoires est également beaucoup plus faible. Certaines régions se sont déjà engagées à donner des coups de main pour le logement et la mobilité.

La première promotion de VTE sera très accompagnée. Nous vous réunirons, nous vous ferons par ailleurs intervenir à notre grand événement du 10 octobre à l’Accor Arena, enfin nous vous ferons rencontrer des patrons au-delà de vos PME, dans tous les horizons.

J’espère que cette initiative rencontrera votre attention. Je vous rappelle que 30000 jeunes chaque année demandent un VIE. Je forme le vœu que, progressivement, des milliers d’entre vous dans toute la France demandent un VTE. Ainsi nous aurons une France mieux formée, et plus solidaire.

Bien amicalement,


Nicolas Dufourcq
Directeur général de Bpifrance

L’objectif est que 100 premiers VTE se concrétisent à la rentrée 2019
puis 2000 par an en rythme de croisière