ENTRETIEN CROISÉ. Après six mois passés à explorer le marché allemand en vue d’une implantation, Emil Soler-My est retourné en France pour poursuivre en CDI labellisé VTE le développement de Carbonex, entreprise en forte croissance et spécialiste du charbon de bois et de l’électricité verte. Avec son père, le PDG de la PME familiale Pierre Soler-My, ils détaillent l’évolution de cette mission.

                   

 

Carbonex a le vent en poupe. Depuis 2011, ce groupe familial de 85 collaborateurs, membre de Bpifrance Excellence, développe un processus industriel de production de charbon de bois et d’électricité éco-responsable. Pour accompagner son essor en France, tout en se déployant outre-Rhin, l’entreprise basée à Gyé-sur-Seine (Aube), mise sur le recrutement et la fidélisation des talents. C’est dans cette optique qu’Emil Soler-My, jeune diplômé de l’école de commerce Neoma de Reims ainsi que de l’Université de la Caroline du Nord, est parti en Allemagne en tant que VIE. Il a transformé l’essai en CDI, sous le label VTE.
[Interview croisée]

Pour quelle raison et comment votre VIE a-t-il évolué en VTE ?

Emil Soler-My : J’ai commencé mon VIE au mois de décembre, à Cologne, pour explorer pendant six mois le marché allemand en vue d’une implantation de Carbonex dans ce pays. Dans ce cadre, j’ai beaucoup collaboré avec le bureau de Business France en Allemagne. Nous avons notamment lancé un appel d’offres pour trouver un site de production, nous l’avons identifié puis entamé les négociations. Une fois ma mission accomplie, je suis revenu en juin en France, où l'on m’a confié d’autres tâches, devenues l’objet de mon VTE. Cela s’est passé très naturellement.
Pierre Soler-My : Dans une entreprise, le moyen et le long terme comptent autant que le court terme. Comme notre activité ne cesse de progresser, nous avons besoin de jeunes talents. Il est important qu’ils puissent s’immerger dans le côté pratique et dans la vie d’une entreprise pour en connaître tous les rouages et ne pas être en décalage entre ce qu’ils apprennent à l’école et la réalité. Pour ce faire, la charte VTE offre un cadre, c’est pourquoi nous venons d’y adhérer.

Quelles sont vos responsabilités dans le cadre de ce CDI-VTE ?

E.S.-M. : Je suis en charge du business développement, cette fois-ci en France, où nous avons un site de production. Il s’agit de projets d’exploration, de prospection, de prises de contacts qui ensuite doivent être concrétisés sur la durée. Ces missions ont un aspect stratégique très fort puisque je travaille en étroite collaboration avec la direction. Elles impliquent la diversification des marchés et la valorisation des produits connexes.
P.S.-M. : Emil est très autonome sur son poste. Notre souhait était qu’il comprenne l’ampleur du travail pour lequel nous avons besoin de beaucoup de bras et de têtes. L’intérêt est aussi de lui montrer une vision hélicoptère de l’entreprise. Il est très proche de la direction ; la confiance est en effet très importante.

Et vous poursuivez sur votre lancée…

E.S.-M. : Aujourd’hui, je continue en effet de piloter plusieurs projets dans le cadre de mon VTE… Et je reste dans l’entreprise !
P.S.-M. : Nous sommes en train de monter des usines et de mettre en place toute une filière d’activité. D’où notre projet de recruter une quarantaine de personnes dans la production d’ici à la mi-2021. D’ailleurs, nous avons recruté deux autres jeunes en VTE, sur des postes davantage techniques, dans le cadre d’une alternance. L’un d’eux a également été embauché par la suite. C’est tout l’enjeu de notre démarche : impliquer fortement les jeunes dès le départ, les former puis les garder. Le VTE permet de le faire !