Leslie Lacroix, 21 ans, a créé Capitaine Study en parallèle de ses études. La plateforme récolte les avis des étudiants sur les établissements privés afin d’aider ceux en recherche d’école à faire le meilleur choix d’orientation.

Dur d’avoir 20 ans en 2020 ? Sûrement pas tant que ça pour Leslie Lacroix. La fondatrice de Capitaine Study n’a pas laissé la crise sanitaire réfréner son envie d’entreprendre et d’aller de l’avant. Mieux, la startup qu’elle a créée en 2019, en parallèle de ses études, pourrait justement faciliter la vie de nombreux jeunes en cette période compliquée. Capitaine Study recense des avis vérifiés d’étudiants afin que ceux en pleine réflexion sur leur avenir puissent faire le meilleur choix en fonction de leur filière et de leurs critères. De leur côté, les établissements payent pour pouvoir alimenter en contenus la page de leur école. Bien qu’encore étudiante, Leslie Lacroix est une entrepreneure à part entière au concept qui séduit déjà de très nombreux étudiants et établissements d’enseignement supérieur.

Comment t’es venue l’envie de créer Capitaine Study ?

Après le bac, je voulais m’orienter vers la communication. Je suis allée à l’université pour faire une licence info-com à Bordeaux Montaigne, mais ça ne me correspondait pas. Malgré tout, j’ai validé mon année avant d’aller en école de communication privée à Bordeaux pendant deux ans. Là encore, j’ai été déçue de l’expérience car je payais très cher pour très peu de cours et un réseau faible. A ce moment-là, j’ai eu envie de me réorienter dans le digital.

C’est là que j’ai rencontré mon futur associé Pierre-Axel, qui est dentiste, donc très éloigné du monde de l’entrepreneuriat. Cependant, il avait vu le même problème se poser pour choisir sa prépa privée, tout comme les gens de ma classe de l’époque.

On a également constaté que dans les salons ou les journées portes ouvertes, les retours des étudiants n’étaient pas toujours « honnêtes » au vu du contexte. Sur Internet, je n’avais pas non plus trouvé de quoi me faire un avis. Les nombreuses discussions avec Pierre-Axel sur cette problématique nous ont amené à créer Capitaine Study.

Comment t’es-tu rendue compte que ton concept pouvait déboucher sur un business model pertinent ?

Nous souhaitions vraiment que le site compte rapidement un maximum d’avis. On a donc démarché les étudiants directement sur LinkedIn en leur demandant leur avis sur leur école respective. Au bout de trois semaines, il y avait plus de 400 visites par jour sur la plateforme, ce qui a participé au bon référencement du site, mais également à notre notoriété car des écoles sont venues vers nous alors que nous n’avions même pas encore de société.

L’année dernière, un incubateur bordelais nous a approché. Quand nous lui avons expliqué que 30 campus nous avait déjà contacté, ça a accéléré les choses : on a créé l’entreprise et lancé le business model, qui est encore en mode test aujourd’hui. Je suis toujours étudiante, mais je me suis mise en alternance dans ma boîte, ce qui me permet de consacrer quatre jours sur cinq à Capitaine Study.

 

« Depuis septembre, on a signé avec 16 campus »

 

Peux-tu nous expliquer les avantages et les difficultés de monter son entreprise à 21 ans ?

Ce qui est difficile, c’est le manque de temps. Heureusement, j’ai choisi un bon rythme d’alternance car travailler seulement deux ou trois jours pour Capitaine Study, ça serait compliqué. Ce que j’appréhendais aussi, c’est qu’on ne me prenne pas au sérieux. Je vais quand même souvent à la rencontre de directeurs/trices d’écoles, parfois bien plus âgé.e.s (rires) ! Je n’ai pas beaucoup d’expérience sur le marché du travail donc j’avais cette appréhension de ne pas me faire écouter, et qu’on considère Capitaine Study comme un petit projet étudiant.

Finalement, tout s’est toujours bien passé depuis le début de l’aventure, sûrement parce qu’on se présente tout de suite en tant que société. Mon associé a 28 ans, ça donne aussi plus de crédit. Le fait d’être la créatrice et en même temps la cible de mon entreprise est un gros plus pour moi et pour eux. Mais je l’avoue, le B2B me stressait un peu (rires) !

Quelles sont les prochaines étapes du développement de Capitaine Study ?

Notre objectif est de continuer à avoir de nouvelles écoles partenaires, de retravailler le site pour proposer davantage de fonctionnalités car il y a de la demande là-dessus. Depuis septembre, on a signé avec 16 campus, ça va nous permettre de mettre en avant du contenu photo et vidéo sur le site. On souhaite aussi booster la récolte d’avis auprès des étudiants et l’étendre à l‘enseignement supérieur public pour en aider encore davantage à trouver leur établissement.

As-tu quelques petits conseils à donner aux étudiants pendant cette période compliquée ?

Je comprends que ça soit très difficile pour tout le monde, c’est aussi le cas pour moi. Ce que je peux conseiller aux étudiants, c’est de garder contact avec leurs amis et leurs camarades en visio. Ça peut aussi être le bon moment pour se former et développer de nouvelles compétences, choses que l’on n’a pas forcément le temps de faire habituellement.